Extrait d'une fiche Environnement et cancer©ORSA
Article/Interview

Cancer et environnement : l’ORSA publie des fiches pour clarifier l’état des connaissances

La recherche est active pour tenter de clarifier les liens entre cancer et environnement et protéger la population. Si l’impact de l’environnement sur la survenue de cancers reste difficile à évaluer et à étudier, il ne fait plus de doute. L’Observatoire Régional de la Santé en Aquitaine vient de mettre en ligne des fiches pour présenter notamment trois agents classés comme cancérigènes avérés et auxquels certains types de cancers sont imputables. Pour cela, l’ORSA s’est appuyé sur des données du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC).

Les fiches Environnement et cancer en Aquitaine informent sur des agents environnementaux reconnus ou suspectés cancérogènes et sur les cancers associés. Les travaux du CIRCCIRCCentre International de Recherche sur le Cancer sont la référence pour identifier ces agents et cancers. Parmi les huit fiches réalisées par l’Observatoire Régional de la Santé en Aquitaine (ORSA), financées par le Conseil Régional d’Aquitaine, trois présentent des agents qui suscitent des interrogations et inquiétudes relatives à leurs impacts sur la santé : les pesticides, les champs électromagnétiques et les rayonnements ionisants. Pour chaque fiche, les informations présentées sont organisées de manière méthodique : de quoi parle-t-on, quelles sont les conséquences, où en est la recherche, quelle est la situation en Aquitaine ? Elles sont complétées par des éléments bibliographiques et les études en cours.

Pesticides : des études de terrain

Les pesticides existent sous de nombreuses formes. En France, la grande majorité est utilisée en agriculture mais ils se trouvent aussi dans les produits antiparasitaires humains (anti-poux…), vétérinaires (antipuces…) ou de jardinage… Résultat : ils sont présents partout dans l’air, l’eau, le sol et les denrées alimentaires, y compris dans l’alimentation et certaines eaux de consommation. Les sources d’exposition sont donc très diverses, depuis la voie cutanée jusqu’aux voies respiratoires et orales. La fiche technique de l’ORSA précise les différentes études menées en Aquitaine, notamment la surveillance de la qualité de l’air menée par AIRAQ en milieu urbain ou rural.

Rayonnements ionisants : les centres nucléaires surveillés

 Les rayonnements ionisants sont soit d’origine naturelle soit d’origine anthropique. Les rayonnements ionisants « naturels » proviennent soit de l’espace (on parle de rayonnement cosmique) soit du sous-sol (on parle de rayonnement tellurique). Le radonradonGaz radioactif d’origine naturelle. Sa présence dans les bâtiments publics ou habitations varie en fonction de la nature des sols., gaz radioactif incolore et inodore émanant du sous-sol, est la principale source d’exposition à la radioactivité d’origine naturelle. Il est surtout présent dans les sous-sols riches en uranium. Les rayonnements ionisants d’origine anthropique sont essentiellement utilisés à des fins médicales (diagnostic ou thérapie), à des fins de recherche et à des fins industrielles (productions électronucléaire notamment mais pas seulement). L’utilisation des rayonnements ionisants à des fins médicales représente la deuxième source d’exposition derrière le radonradonGaz radioactif d’origine naturelle. Sa présence dans les bâtiments publics ou habitations varie en fonction de la nature des sols.. Les rayonnements ionisants d’origine industrielle représentent une faible contribution à l’exposition totale de la population.

Dans la nouvelle région Aquitaine Poitou-Charentes-Limousin, l’exposition de la population aux rayonnements ionisants naturels est essentiellement due au radonradonGaz radioactif d’origine naturelle. Sa présence dans les bâtiments publics ou habitations varie en fonction de la nature des sols. (surtout dans le Limousin). En dehors des expositions à des fins médicales reçues par les patients, les rejets liquides des services de médecine nucléaire de plusieurs agglomérations (Pau, Bayonne, Bordeaux, Agen, Poitiers et Limoges) et les rejets liquides et gazeux des trois centrales nucléaires du Sud-Ouest (Blayais, Civaux et Golfech) représentent les autres sources principales d’exposition de la population de la région.

Champs électromagnétiques : la controverse 

Les sources artificielles des champs électromagnétiques (CEMCEMChamps Electromagnétiques) sont aujourd’hui diverses et se sont développées à grande échelle. Des champs électromagnétiques sont liés à l’usage d’appareils de la vie courante (courant électrique, téléphone, radio…). D’autres sont d’origine industrielle (équipement de soudage, fours, télécommunication, radars…). Enfin, certaines expositions peuvent être liées à des examens médicaux (imagerie médicale par résonance magnétique…). Parmi les effets des champs électromagnétiques sur la santé, certains sont bien établis, d’autres font l’objet de controverses. La fiche met l’accent en particulier sur les lignes à haute tension et les antennes relais des téléphones mobiles, thèmes sur lesquels les recherches sont en cours et focalisent l’intérêt.